Accueil › Blog › Actualités › Le drone en 2026 : ce qui change pour les usages audiovisuels
Depuis le 1er janvier 2026, la réglementation drone européenne remplace définitivement les règles en vigueur en France. Cette harmonisation, qui pose un cadre commun, implique une évolution des formations, du matériel mais aussi des règles de sécurité et des délais en vigueur.
C’est la fin d’une exception culturelle technique. La France, pionnière en 2012 avec sa réglementation structurant l’usage professionnel des drones, a officiellement débranché ses scénarios nationaux. Pour les entreprises de l’audiovisuel, cela signifie que les fameuses autorisations « S3 » pour filmer en ville n’existent plus.
Désormais, le risque n’est plus évalué selon la finalité du vol (loisir ou professionnel), mais selon la dangerosité réelle de l’opération. Le nouveau cadre se divise en deux piliers : la catégorie ouverte (vols à faible risque) et la catégorie spécifique (vols à risque modéré, incluant la majorité des tournages urbains).
Les nouveaux scénarios : STS-01 et STS- 02
Pour les prestataires audiovisuels, le changement majeur réside dans l’adoption des scénarios standards européens (STS) :
Le STS-01 (vue directe en zone peuplée) : Il remplace le S3. Il permet de filmer en agglomération, mais impose des contraintes techniques strictes.
Le STS-02 (hors vue en zone faiblement peuplée) : Il remplace le S2, permettant des prises de vues loin des centres urbains.
Le pilote doit maintenant disposer du CATS pour pouvoir continuer à voler en catégorie spécifique. Le CATS, c’est la nouvelle certification européenne reconnue par l’EASA. Elle devient obligatoire pour voler en STS-01 et STS-02. Pas de CATS, pas de vol en catégorie spécifique en 2026 !
Mise à jour des documents
Dans le cadre de cette nouvelle réglementation, le déclarant doit :
Mettre à jour son manuel d’exploitation (Manex)
Vérifier les procédures de sécurité
Renouveler sa déclaration de conformité sur le site Alphatango
La sécurité n’est plus une simple option laissée à la discrétion de l’opérateur. En 2026, pour toute mission en zone peuplée (scénario STS-01), le prestataire doit garantir un niveau de protection des tiers sans précédent. La catégorie spécifique exige des drones classés C5 ou C6. Cela implique trois spécificités techniques majeurs :
Le système de terminaison de vol (FTS) : Plus qu’un simple parachute, il doit être couplé à un coupe-circuit moteur automatique et indépendant du système de pilotage principal.
L’identification à distance : Le drone doit diffuser en temps réel sa position, son altitude et son numéro d’exploitant via un signal Wi-Fi ou Bluetooth, permettant aux forces de l’ordre une vérification instantanée.
La zone contrôlée au sol : Le prestataire est désormais tenu de baliser physiquement (ou de surveiller activement) une zone d’exclusion des tiers. Le survol involontaire d’une personne non impliquée dans le tournage doit être immédiatement suivi d’une manœuvre d’évitement.
C’est sans doute le changement le plus impactant pour les calendriers de production. Le décret de fin 2025 a revu à la hausse les délais de préavis pour les déclarations en préfecture.
Le nouveau calendrier 2026 : Le délai de déclaration préalable pour un vol en zone peuplée est passé de 5 à 10 jours ouvrables.
Concrètement, entre le moment où vous validez un projet et le premier survol en ville, il faut compter 2 semaines pleines pour être en règle. Les plateformes comme AlphaTango rejettent désormais automatiquement toute demande ne respectant pas ce préavis de 10 jours.
L’impossibilité de respecter le préavis de 10 jours minimum peut être mentionnée dans la déclaration préalable à un vol en zone peuplée. Dans ce cas, le motif de cette impossibilité doit être justifié auprès de la préfecture territorialement compétente qui jugera de sa recevabilité.
Des déclaration préalables de vol exigeantes
Depuis le 1er janvier 2026, une déclaration préalable au vol en zone peuplée transmise aux préfectures doit être réalisée soit via le CERFA 15476*04, soit via la plateforme AlphaTango.
Dans les deux cas, cette déclaration devra être accompagnée d’un envoi par mail à la préfecture compétente des informations requises dans le §7 de la notice 52053#04. Une dizaine de documents sont à transmettre (CNI, accusé de réception de déclaration d’activité d’un exploitant d’aéronefs télépilotés, extrait du registre national (AlphaTango) des aéronefs civils circulant sans personne à bord, attestation d’assurance professionnelle drone, attestations de formation télépilote, tout document attestant du caractère professionnel de l’opération, la date et la description de l’opération, copie du marché public le cas échéant pour la mission à réaliser, mention nécessaire de toute ZICAD située dans la zone de vol et dans la zone de sécurité, cartes aéronautiques, plans de vol.)